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Au pays des pharaons
Au pays des pharaons

7. Du Caire à Assouan en train

Encore un ennui ! Le numéro des quais n'est inscrit qu'en arabe et même si nous utilisons supposément les chiffres arabes, je n'y comprend rien.

Un porteur m'informe et je me rend où il m'indique. Un autre employé, sachant sans doute lire, examine mon billet et confirme que j'attend au bon endroit. Le train, en provenance d'Alexandrie, arrivera en gare dans environ dix minutes.

En effet, il ne tarde pas à venir s'immobiliser devant moi, ce train. Je monte et m'installe confortablement dans une voiture de première. Quel fauteuil luxueux ! C'est pour moi !

Peu à peu, la voiture s'emplit de ses voyageurs. Évidemment, en première classe, les seuls animaux admis sont les humains, contrairement à la troisième classe où les poules et les cochons voisinent les enfants. Les arrivants sont proprement vêtus et je fais même figure de gueux avec mes loques.

Un contrôleur entre dans notre voiture. Arrivé à ma personne, il me demande de bien vouloir le suivre dans la voiture suivante, réservée aux touristes.

- Question de sécurité, sir, m'affirme le contrôleur vraiment très contrôlant.

Cette voiture est déjà occupée par une dizaine de touristes d'Amérique, d'Europe ou d'Asie.

- Votre fauteuil est le numéro quinze, sir.

Je croise une beauté rousse très souriante accompagnée d'une amie également très jolie et aussi contente de vivre qu'elle.

Plus loin, à gauche, un vieux gringalet portant un béret basque fouille dans son sac-à-dos tout en toussotant.

Occupant les sièges à sa droite, un couple : une pimpante jeune femme en short, bien roulée et aux yeux pétillants me fait salut de la main tandis que son compagnon, un géant de deux mètres de haut me dit : Hi man.

Voici ma place. Je constate que je peux occuper les deux sièges sans nuire à personne : la voiture est presque vide. D'autres passagers que je distingue mal dans le fond de la voiture se font un nid.

- Assouan, ce sera parfait, que je me dis rêveur.

* * *

J'ai accepté un chocolat chaud du serveur, l'ai savouré lentement.

J'allais pouvoir dormir sans être tourmenté par les moustiques. J'allais pouvoir dormir... dormir...

8. Assouan, la belle

Je m'éveille vers neuf heures au moment où nous entrons en gare de Louxor. Certains voyageurs descendent ici dont le type au béret.

Des palmeraies bordent la voie ferrée pendant des kilomètres sur la gauche tandis que le Nil nous tient fidèlement compagnie à droite. Vers midi, on annonce l'arrivée imminente à Assouan.

Le mouvement des choses s'accélère alors. Les passagers rassemblent leurs effets, se mettent à consulter les guides, à se demander conseil à propos des hôtels, des taxis. Tout à coup, les occupants de notre voiture, silencieux depuis la veille, se mettent à parler entre eux comme s'ils se connaissaient depuis belle lurette.

Le jeune homme de deux mètres, qui accompagne la fille aux belles jambes, me demande où j'entend loger. J'ai spécialement noté deux hôtels pas cher et situés sur la Corniche-el-Nil ; mon nouvel ami a choisi les mêmes endroits. Je lui propose de partager un taxi jusqu'au premier hôtel de notre liste commune.

Nous prenons le temps de fumer une cigarette sur le trottoir tout en nous présentant les uns aux autres. La belle fille est italienne et se prénomme Manuela tandis que son ami, un Hollandais s'appelle Joey. Bien que Manuela baragouine quelque peu le français, c'est l'anglais que nous utilisons.

Pourquoi m'ont-ils choisi parmi tous les autres passagers ? Ils auraient pu s'adresser à la belle rousse...

Ce sont deux personnes sympathiques et remplis de vitalité. Je dois dégager une odeur de confiance, de sécurité.

Nous empilons nos sacs sur le porte-bagage d'un taxi ; une minute plus tard nous les descendons devant l'hôtel Osiris.

Mais avant d'y pénétrer, je vous laisse voir ce qui fait face ou presque à mon hôtel.

Devant mon hôtel : Le Nil et les felouques

9. Hôtel Osiris

Le rez-de-chaussée de l'hôtel Osiris est occupé par un restaurant que nous visiterons sans doute plus tard. Le hall et le comptoir de la réception sont au haut d'un large escalier. Un grand type très basané nous reçoit très cordialement.

Joey demande une chambre pour lui et Manuela avec vue sur le Nil. Le patron s'empresse d'envoyer son second montrer la chambre qui fait face à la réception.

Je lui demande le même type de chambre. Hélas, les deux autres sont occupées. L'hôtelier tient à me montrer une chambre avec vue sur le Nil mais de biais. En réalité, la fenêtre donne plus sur la rue qui longe le côté de l'immeuble mais la vue est superbe et je vois des felouques au loin, les voiles gonflées par le vent propice et qui glissent tout doucement sur l'eau à peine ridée.

Je lui verse les quelques livres qu'il demande pour cette grande chambre bien meublée, impeccable sauf que la douche fuit et que le tapis est un peu humide dans ce coin de la pièce. Donnons-lui 8 sur 10 dans la catégorie des routards pas trop désargentés.

L'eau de la douche est délicieuse, il fait bon dans ma chambre. Je suis bien, je me couche et m'endors. Pas bien longtemps.

Vers quatre heures, je me secoue et me met en branle. Salut à Mahomed, mon hôtelier. J'empoche quelques dépliants touristiques à l'usage des touristes.

Puisque nous sommes en une région de soleil excessif, les natifs ont trouvé un moyen simple de se protéger, un toit en surplomb. Les piétons circulent au frais, les terrasses des cafés s'y installent, là se trouve le bureau de tabac, et là, le marchand de journaux.

Assouan et ses célèbres felouques

En face, le Nil sillonné par de nombreuses felouques et quelques chaloupes, le Nil très calme maintenant. Et derrière, une île, l'Île éléphantine, elle même encadrée par les falaises de sables de la rive opposée du fleuve.

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